La Louvière: quinze emplois en péril
publié le 05/11/2009 à 07h12
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Pathétique. Elles se battront jusqu’au bout pour sauver leur emploi. Même s’il n’est pas facile et même si elles gagneraient autant à émarger au chômage. Mais ce boulot, c’est LEUR boulot et elles veulent le garder. Quoi qu’il arrive. Mais il est urgent de les aider!
Jean-Paul Cailleaux
La mobilisation est générale. mais que peuvent douze personnes contre l’indifférence?
Hier matin, trois d’entre elles distribuaient des tracts devant l’hôtel de ville louviérois. Las, personne n’était là pour les accueillir à l’hôtel de ville.
Trois aussi devant les calicots bloquant l’accès des locaux de la mutualités au pied du CHU Tivoli. Les autres étaient partis à La Hestre pour tenter de rencontrer un ou une responsable de la Mutualité Socialiste. Mais là encore, il n’y avait personne pour les entendre. pour éventuellement répondre à leurs questions.
Pourtant, la Lavandière du Centre, appelée aujourd’hui “ La manne à linge bis ” était une émanation des Mutualités Socialistes du Centre. Un beau projet d’économie sociale destiné à favoriser la réinsertion dans le milieu du travail. Un projet qui a abouti. Avant d’être remis en question à cause d’une mauvaise gestion.
Une perte de 500.000 €?
La Mutualité a préféré arrêter l’hémorragie financière, couper le fil et trouver un repreneur. Et depuis, plus rien ne va. Pourtant, Sophie Pécriaux alors administratrice de l’ASBL repos, Joie et Santé, n’a pas ménagé ses efforts début 2009 pour garantir la survie de la SCRL et préserver ses emplois. La Mutualité semble avoir fait des concessions énormes pour garantir cette reprise. Elle assumait le passif, payait les dettes, remettait les comptes à zéro et remettait l’enfant pour l’euro symbolique. On peut estimer que la mutualité a “ perdu ” près de 500.000 € dans l’aventure... raison de plus pour arrêter les dégâts. Avec une convention qui semble pourtant très claire et que les deux parties ont signé.
La lavandière, selon l’accord a bien changé de nom. Personne n’a compris pour quelle raison mais là n’est pas l’essentiel. La Mutuelle s’engageait à remettre les comptes à zéro et à payer le passif mais impossible de savoir si cela a été fait. Car le repreneur, lui, n’a rien payé et l’ONSS continue à réclamer 270.000 €.
Une dette qui a précipité l’entreprise dans le marasme puisqu’elle a perdu son agrément chèque-service et qu’elle ne peut plus contracter de marchés publics...
Chose étonnante, si l’ancienne société a changé de nom, elle a aussi “ splitté ” en créant une antenne “ La Manne à linge ” à Gerpinnes. Avec un autre siège social. cette antenne, elle, fonctionne toujours et dégage de légers bénéfices. La deuxième entreprise a-t-elle vidé de sa substance la première? Aucune réponse à ce jour.
La faute à qui?
Tant la Mutualité que le repreneur, M. Kapuszinski, se renvoient la balle.
Depuis dix mois rien n’a bougé. Mais l’entreprise, si elle continue à travailler et à trouver des clients reste dans la tourmente. Elle aurait dû quitter les locaux mis à disposition par la Mutuelle. Las, ses difficultés financières l’empêchent d’aménager les bâtiments qui devaient l’accueillir à Seneffe. Or un Jugement la condamne à une astreinte de 500 €/jour de présence dans les locaux... desquels elle doit être expulsée le 11 novembre.
Et M. Kapuszinski, lui reste résolument aux abonnés absents.
Et le personnel? À l’exception de cette journée de grève hier, il continue le travail. Car ces gens savent que si cette aventure ce termine, il n’y en aura sans doute plus d’autre.